Depuis que je suis toute petite, il m'a toujours été plus facile de m'entendre avec les garçons que les filles. J'imagine que nous pourrions nous pencher pendant des heures sur le comment du pourquoi, mais ce n'est pas ici le sujet sur lequel j'ai envie de traiter. Donc, depuis que je suis toute petite, j'ai eu majoritairement des amis garçons. À partir de l'adolescence, je n'ai pas eu d'autre choix que d'avoir l'esprit ouvert et une mentalité un peu garçonnière pour comprendre et surtout pour être en mesure de ne pas grimper dans les rideaux à tous les commentaires très machistes ou salaces que mes potes sortaient. Le moindre que l'on puisse dire, c'est que j'en ai entendu des vertes et des pas mûres, et aujourd'hui ça en prend beaucoup pour soit me choquer ou me faire rougir. Pourtant, hier, j'ai eu l'impression d'être entrée dans un autre univers...
Mon chéri et moi avons décidé d'aller à
GeekFest avec des mecs de
JoL, en gros, IRL à Montréal sous le thème de la geekattitude. Donc, nous nous rejoignons tous à l'adresse du
GeekFest sur la rue Sherbrooke, près du Métro McGill. En tout, nous étions sept : moi et six gars (gâtée la fille I_I). Nous faisons plus amples connaissances pendant que nous faisions le tour du
GeekFest.
Petit arrêt sur le
GeekFest: L'annonce promettait une journée pleine de surprises et de découvertes, je dois avouer que je suis partie légèrement déçue de l'évènement. C'était la première année au
GeekFest, donc je leur accorde le bénéfice du doute pour l'année prochaine, mais je crois que ça aurait pu être mieux. Sur leur site, ils promettaient une multitude d'évènements plus intéressants que les uns des autres: en 30 minutes, le tour pouvait être terminé. La seule chose que j'ai vraiment appréciée a été le défilé de cosplayers, qui fut bien divertissant, quoique très court.
Bon, je reviens à mes flutes.
Après le
Geekfest, nous avons décidé d'aller prendre une bonne bière dans un pub irlandais de Montréal. Donc me voilà entourée de sept Joliens qui jacassent du site
JeuxOnline, des gens qui le peuples, des derniers ragots, des améliorations qui pourraient y être fait, de codage, de bande passante, de jeux, d'ordinateur et de pièces d'ordinateur, de Linux, comment et qui sacrifier pour faire sauter la boutique Apple à Montréal, etc. La bière est servie en pinte et elle se boit toute seule. Je suis là, à les écouter parler, car franchement, bien que j'adore les jeux et mes ordinateurs, ma geekattitude se maintient sous un niveau beaucoup plus bas que les 6 gars qui sont à la même table que moi... Et par moment, je m'ennuie ferme...
Et c'est alors que je me rends compte d'une chose: ça va bientôt faire 2 heures que nous sommes là, à papoter gentiment et il n'y a pas une seule fois, mais pas une seule fois, le thème du sexe qui a été abordé. Attendez deux secondes, je suis bien avec 6 gars non? Mais qu'est-ce qui se passe? Pas une phrase, pas un mot, même pas un sous entendu par rapport au sexe? Mais dans quel monde je suis moi là???
Puis je me suis mise à réfléchir: depuis que je gravite dans l'univers des geeks, je n'ai jamais eu affaire à des gars qui faisaient preuves de machiste ou encore qui racontaient le comment ils avaient culbuté la meuf de l'autre soir. Aucune blague à connotation sexuelle, pas de commentaires sexistes ou sur la beauté fatale qui vient de passer à côté d'eux.
Rien, nothing, niet... Et ça fait un peu peur, car franchement, je crois que j'aurais été plus à l'aise si ça avait été le cas.
Hé bien, il a fallu que je passe le commentaire sur le fait qu'autour de cette table, il y avait 6 gars avec de la bière et qu'en deux heures, aucun n'avait parlé de sexe... Ils ont bien rigolé puis ils ont tenté de se souscrire à ce commentaire: malheureusement, rien à y faire. Il y en avait un qui s'est mis à parler des statistiques sur le web du nombre de sites pornos qu'il y avait versus le reste des autres sites, un autre sur combien de nouveaux sites pornos étaient créés par jour, tandis qu'un autre racontait que sur ChatRoulette, une vidéo sur je ne sais plus combien (de mémoire je crois que c'était une sur 4), tu tombais sur des bites ou encore un homme assez volumineux entrain de sodomiser un raton laveur en peluche, etc.
J'ai finalement compris qu'ils étaient tous irrécupérables: les geeks, ça ne parle pas de sexe entre eux. Et j'en reste encore quelque peu mitigée...