Si vous avez atterrit ici, c'est que vous l'êtes...

Et je ne connais pas la sortie ;p

samedi 20 février 2010

À travers les âges

Billets d'amour Candidat

Je me rappelle la première fois que nous nous sommes rencontrés… J’étais dans un piteux état et je n’avais aucune idée où je me trouvais. Mais il y avait toi, avec tes yeux amandes aux paillettes d’or séparé par la noirceur de tes pupilles verticales. Dans ton regard se lisait curiosité, bonté, mélangée d’un soupçon de craintes, mais aucun dégoût. Qui étais-tu pour me regarder ainsi?
Un simple feu de camp nous séparait, reflétant l’image de l’une dans les yeux de l’autre. Ce que je vis dans les tiens me glaça le sang. Comment pouvait-on rester près d’une créature telle que moi? Mais toi, qu’as-tu vu dans les miens? Le minuscule chaton qui me regardait ou la promesse d’une amitié sans limites? Pourtant, aucun mot n’a été échangé ce soir-là; mais bien d’autres soirées ont suivi, remplies de nos rires.
Tu étais mon amie, ma compagne de voyage, mon âme sœur; pourtant, ma vie fut plus longue que la tienne. Et c’est ainsi que je me suis retrouvée seule, sans toi, devant un monticule de pierres qui empêcherait les bêtes de prendre ta chair, le cœur ravagé par la peine, l’âme à vif de solitude.
Les années ont passé, sans que je retrouve le repos. Bien que l’amour vient parfois égayer mon chemin, jamais amitié naquit. Je me languissais de notre lien particulier, comparant tout autre être à toi.
Puis, un matin, du haut perché d’un arbre, je t’ai vu. Bien qu’au premier abord, je n’en étais point sûre, quelque chose en moi m’attirait vers toi. Je ne pouvais revivre la déchirure de ta disparition, alors je t’ai observé un temps.
Petite nymphe innocente, tu vagabondais au rythme de tes envies, trait de caractère qui ne semblait pas avoir changé! Et comme d’habitude, il a fallu que tu attires les ennuis. Que croyais-tu? Que les lycanthropes pouvaient être tes amis? Il a bien fallu que j’intervienne, sinon il n’y aurait rien eu à enterrer cette fois. C’était la première fois que tu me voyais, pourtant instinctivement, tu m’as fait confiance et tu t’es mise sous ma protection.
Cela a pris du temps, mais tu as fini par te souvenir. Le lien se fortifiait de plus en plus, et ce, à chaque jour; rien ne pouvait nous séparer autre que la mort. Après maints vagabondages et découvertes dans ce monde, la dame noire vint, cette fois-ci, nous libérer en même temps.
La troisième fois, nous avons grandi ensemble dans un petit village. Deux petites filles qui en tous points ne se ressemblaient pas, tant par la physionomie que par le caractère. Petite et rousse, j’étais impétueuse et survoltée. Tandis que toi, tu étais grande et noire, trop calme et lunatique. Pourtant, nous étions inséparables : tous les mauvais coups que nous partagions, ainsi que les punitions, ha, que de bons souvenirs.
En vieillissant, les gens ont commencé à chuchoter dans notre dos, ne comprenant pas ce qui faisait notre particularité, mais encore moins le lien qui nous unissait. Les superstitions allaient bons trains et comme c’était l’époque, le feu vint nous laver de nos «supposés pêchés».
Cette fois-ci, ce fut plus compliqué. Ça nous a pris du temps afin de se reconnaître… Tant au début nous nous sommes haïs, il a fallu une panne d’électricité pour qu’enfin on décide d’apprendre à mieux se connaitre l’une l’autre. Et seulement, les années nous ont permis de le faire, car bien qu’un lien nous rattachait, je crains que nous nous comprenions parfois qu’à demi.
Aujourd’hui je peux dire que ma vie sans toi ne serait pas la même, que je ne serai pas la personne que je suis devenue. Tu es ma meilleure amie, mon âme sœur, ma copinours. Ce lien qui a traversé les âges continuera à les traverser, on se retrouvera toujours, qu’importe le lieu, le temps, le moment. Et une chance que les époques évoluent, car je crois qu’encore une fois, nous aurions fini sur le buché!

Je t'aime Nany

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